Il y a eu l’humour irrésistible de l’animateur Pierre-Yves Roy-Desmarais, l’énergie inépuisable d’une Marjo qu’on croirait encore à 25 ans (ou presque!) et une flopée de numéros musicaux très diversifiés, représentatifs des succès de la dernière année.
Après tout, c’est bien le rôle du Gala de l’ADISQ de célébrer le meilleur de notre musique et de mettre les chanteurs et auteurs-compositeurs en valeur.
La récipiendaire du Félix de la Révélation de l’année, Billie du Page, en prestation au 47e Gala de l’ADISQ, le dimanche 9 novembre 2025 / Crédit : Jean-François LeBlanc
C’est ce qu’on retiendra de la 47e édition de la fête de la chanson d’ici, qui se tenait dimanche soir à la Salle Wilfrid-Pelletier de la Place des Arts, et diffusée en direct à ICI TÉLÉ : la grande quantité de prestations d’artistes, qui n’ont pas laissé beaucoup de place aux imprévus ou aux sketchs plus comiques ou légers comme il est souvent de coutume d’en offrir dans les galas.
Les jeunes sensations radio Fredz, Billie du Page et Jay Scott en ouverture avec leur tube du moment, Klô Pelgag et Ariane Moffatt qui ont mélangé leurs univers récents, les amies de toujours Lou-Adriane Cassidy et Ariane Roy qui ont montré de quel bois elles se chauffent, un segment country avec Clément Jacques, Francis Degrandpré, Krystel Mongeau et Matt Lang, un autre hip hop avec Sarahmée et Rymz, Pierre Lapointe, Soleil Launière et l’incandescente Marjo qui a revisité ses grands succès (Illégal, Les chats sauvages, J’Lâche pas, Amoureuse, Provocante…) en sautillant comme une gamine, son vieux complice Jean Millaire à la guitare derrière elle : la soirée fut un long spectacle musical, entrecoupé des présentations cocasses et costumées selon la thématique (et très rapides) de Pierre-Yves Roy-Desmarais.
Marjo a offert une prestation endiablée au 47e Gala de l’ADISQ, le dimanche 9 novembre 2025 / Crédit : Jean-François LeBlanc
Pour le reste, la remise de prix fut plutôt tranquille, condensée en 2 h 15 tapantes et sans grandes flammèches. La grand-messe 2025 de l’ADISQ a rempli de son mandat, de braquer la lumière sur sa vedette principale, la musique… Mais ne marquera pas les esprits pour grand-chose d’autre. Mis à part la première bordée de neige, peut-être. Ou le fait qu’on a dédié le rendez-vous, d’entrée de jeu, au regretté Serge Fiori.
Même les performances, bien qu’intéressantes (du moins, le niveau d’intérêt variait selon l’énergie de l’artiste) ont manqué de surprises et de piquant. Imaginez, par exemple, si on avait mélangé un peu plus les générations (en jumelant Marjo avec une Lou-Adriane Cassidy ou même une Billie du Page, entre autres idées). Ou si on avait pris la peine de nous expliquer un peu les parcours des nouveaux visages qui ont brillé dans les derniers mois. Ou si on était simplement sortis du bassin des personnalités en nomination cette année; Paul Piché achève une tournée et Patrick Norman vient de sortir un nouvel album, n’aurait-il pas été intéressant de les inviter à participer d’une façon ou d’une autre?
L’animateur Pierre-Yves Roy-Desmarais dans son numéro d’ouverture au 47e Gala de l’ADISQ, le dimanche 9 novembre 2025 / Crédit : Jean-François LeBlanc
Avouons-le : on s’ennuie un tantinet des textes vifs et punchés de Louis-José Houde. Même si Pierre-Yves Roy-Desmarais fait un travail impeccable, qu’il a été encore plus à l’aise que l’an dernier et qu’il a su insuffler sa propre couleur à un événement parfois difficile à faire lever.
Sa portion d’ouverture était archi sympathique et à son image : dans une vignette préenregistrée, Pierre-Yves (rebaptisé « Pierre-Luc Desmarais ») se voyait arriver devant un parterre vide, perdre ses dents et réaliser qu’il faisait un cauchemar. Dieu merci, il s’est réveillé… aux côtés de « sa blonde », Marjo, qui l’a rassuré de ses meilleurs encouragements! Sur scène, Roy-Desmarais s’est amusé un peu aux dépens des convives à Wilfrid-Pelletier, blaguant sur l’âge de Marina Orsini et y allant d’un extrait de Tassez-vous de d’là, des Colocs, avec Élage Diouf.
Ariane Moffatt et Klô Pelgag, en prestation au 47e Gala de l’ADISQ, le dimanche 9 novembre 2025 / Crédit : Jean-François LeBlanc
Et que dire de sa fausse comédie musicale pour « ploguer » le cabinet comptable Raymond Chabot Grant Thornton, avec Bruno Pelletier, William Cloutier et Véronique Claveau, costumés en gens d’affaires, chacun incarnant l’un des noms de la firme. Complètement absurde. Cœur de pirate avait peine à maîtriser son fou rire dans la salle.
Bref, Pierre-Yves Roy-Desmarais s’en est plus qu’honorablement sorti avec le peu d’espace à sa disposition pour imposer son style. Comme si le mot d’ordre qu’on avait voulu accoler à ce gala était « convenu », et que l’équipe de production avait farouchement choisi de s’y tenir.
Ariane Roy et Lou-Adriane Cassidy, en prestation au 47e Gala de l’ADISQ, le dimanche 9 novembre 2025 / Crédit : Jean-François LeBlanc
Côté gagnants, Lou-Adriane Cassidy a poursuivi sa cueillette amorcée au Premier Gala de mercredi dernier en ajoutant quatre autres statuettes à son baluchon, et non les moindres : celles d’Artiste féminine de l’année, de l’Auteur(e)-Compositeur(trice) de l’année, de la Chanson de l’année (pour Dis-moi, Dis-moi, Dis-moi) et du Spectacle de l’année pour Journal d’un Loup-Garou. L’ADISQ 2025 aura donc amené, au total, 12 trophées Félix à Lou-Adriane et son équipe.
La grande gagnante du 47e Gala de l’ADISQ, avec 12 trophées, Lou Adriane Cassidy, le dimanche 9 novembre 2025 / Crédit : Jean-François LeBlanc
Pierre Lapointe a été sacré Artiste masculin de l’année. 2Frères, Groupe ou duo de l’année. Billie du Page, Révélation de l’année. Elisapie, Artiste autochtone de l’année. Aliocha Schneider (à l’accent français désormais bien affirmé), Artiste de l’année – Rayonnement international (ou s’étant le plus démarqué à l’étranger). Les Cowboys Fringants ont mis la main sur la distinction de l’Album de l’année – Succès populaire (ou meilleur vendeur) pour Pub Royal.
La récipiendaire du Félix de l’Artiste autochtone de l’année, Elisapie, en prestation au 47e Gala de l’ADISQ, le dimanche 9 novembre 2025 / Crédit : Jean-François LeBlanc
Soulignons par ailleurs la présence généreuse de Florent Vollant pour remettre à Élisapie le Félix de l’Artiste autochtone de l’année, l’audace générale des femmes dans leurs tenues vestimentaires – à la fois sexy et de bon goût – l’originalité de Viviane Audet et Damien Robitaille, qui finissaient les phrases de l’autre au moment d’annoncer la catégorie du Groupe ou duo de l’année.
Viviane Audet et Damien Robitaille ont offert l’une des présentations les plus amusantes de la soirée au 47e Gala de l’ADISQ, le dimanche 9 novembre 2025 / Crédit : Jean-François LeBlanc
Le 47e Gala de l’ADISQ pourra être vu ou revu pendant 30 jours, dès le lundi 10 novembre, sur ICI TOU.TV, au Radio-Canada.ca/adisq et sur Radio-Canada OHdio.
Crédit photo principale : Jean-François LeBlanc








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