Premier Gala de l’ADISQ 2026 : la table est mise pour Angine de Poitrine

Le duo Angine de Poitrine, avec leurs masques et costumes à pois, devant des toiles blanches et noires picotées également
Le duo Angine de Poitrine Photo : Constantin Monfilliette

Publié le 5 novembre 2026 à 00:11

Par Marie-Josée R. Roy

Vous avez manqué le Premier Gala de l'ADISQ 2026? On vous raconte tout!

On suppose que leurs remerciements n’auraient pas été très élaborés. Ils se reprendront peut-être à la cérémonie de dimanche soir dans leur dialecte bien à eux.

Mais Klek et Khn d’Angine de Poitrine, bien qu’absents du Premier Gala de l’ADISQ 2026, mercredi soir, ont fortement imprégné la première partie de la fête annuelle de la musique québécoise, retransmise en direct à Télé-Québec depuis le MTELUS, à Montréal.

Le duo picoté, qui partait finaliste dans 11 catégories au total pour son album Vol. II et ses accomplissements de la dernière année, a raflé les statuettes de l’Album de l’année – Choix de la critique et de l’Album de l’année – Rock.

Au Gala de l’Industrie de l’ADISQ, tenu mercredi après-midi, Angine de Poitrine mettait la main sur les Félix des Arrangements de l’année et de la Prise de son et du mixage de l’année.

La razzia n’est pas celle de Lou-Adriane Cassidy l’an dernier (qui avait quitté le Premier Gala de l’ADISQ avec huit trophées en poche, revivez l’événement ici), mais disons que ça sent bon pour Angine de Poitrine en vue de la soirée du dimanche 8 novembre, qu’animera Pierre-Yves Roy-Desmarais et que relaieront ICI TÉLÉ et autres plateformes de Radio-Canada à compter de 20 h (et précédé d’une édition spéciale de Pour emporter spéciale ADISQ).

Le tandem mantra-rock dada pythago-cubiste pourrait s’y distinguer, entre autres, dans les créneaux de l’Artiste de l’année – Rayonnement international, de la Révélation de l’année, de l’Auteur ou compositeur de l’année, de la Chanson de l’année (pour Fabienk), et du Groupe ou duo de l’année, des catégories de pointe.

Gageons qu’on n’aura d’yeux que pour eux sur le tapis rouge… et au parterre. On plaint les spectateurs qui seront assis derrière eux dimanche à la Salle Wilfrid-Pelletier, considérant la hauteur de leurs masques!

 

La chanteuse Sarahmée avec une casquette haut de forme, un chandail brun foncé et un pantalon gris sur la scène du Premier Gala de l'ADISQ 2026
Sarahmée animait le Premier Gala de l’ADISQ pour une quatrième fois en 2026. Celui-ci était retransmis à Télé-Québec en direct du MTELUS, à Montréal Photo : Jean-François Leblanc

Les Louanges se démarque

Moins flamboyant que ses collègues de Poitrine, Les Louanges s’en est pas mal tiré non plus, mercredi, en récoltant les récompenses de la Réalisation d’album de l’année, de la Pochette d’album de l’année, du Vidéo de l’année et de l’Album de l’année – Alternatif, pour son acclamé Alouette!, lancé en avril dernier.

Son discours de remerciements pour l’Album de l’année – Alternatif a été brillant. Vincent Roberge alias Les Louanges a transmis des messages sur les programmes sociaux, l’immigration, les personnes autochtones et la transition écologique (avec un clin d’œil au « s’quatre novembre au soir ») en une seule longue phrase diablement bien tournée, dans un souhait senti à voix haute pour le Québec de demain.

Lou-Adriane Cassidy a aussi vu son dernier-né, Triste animal, lancé en mai 2025, être salué des lauriers de l’Album de l’année – Adulte contemporain et de la Sonorisation de l’année, et son spectacle du même titre, de la Conception d’éclairages et projections de l’année.

Avec ses 12 mentions, la tornade Cassidy arrivait nez à nez avec Angine de Poitrine au niveau du nombre de nominations au Gala de l’ADISQ cette année, surpassant même d’une citation les théâtraux personnages originaires du Saguenay.

Voyez, plus bas, la liste de tous les gagnants du Premier Gala de l’ADISQ 2026.

 

Lou-Adriane Cassidy avec un chandail sans manches noires, brandissant son Félix devant une toile de Télé-Québec et du Premier Gala de l'ADISQ
Lou-Adriane Cassidy est l’une des favorites dans la course aux Félix aux célébrations du 48e Gala de l’ADISQ Photo : Éric Myre

Relève et remerciements rapides

Aspect spectacle, le Premier Gala de l’ADISQ 2026 a été à l’image de tous les autres Premiers Galas, c’est-à-dire que les trophées ont été remis sans perdre une seconde, que les remerciements ont été débités à vitesse grand V et que les prestations ont offert une grande place à la relève.

Le Premier Gala de l’ADISQ constitue toujours une belle vitrine pour la musique québécoise, mais ses contraintes télévisées – de rapidité, notamment – y enlèvent hélas un peu de chaleur.

On y a applaudi Marie-Céleste avec 2 Goélands, un collectif country-folk francophone formé de Dan Daraîche, Laurence St-Martin, Léa Jarry et Ivan Boivin-Flamand, Alphonse Bisaillon et sa pièce L’avenir et moi, et les vieux routiers Vulgaires Machins rockant sur Om Mani Padme Hum.

La vignette d’introduction du gala a réuni Fredz, Alicia Moffet, Cruzito et Rymz.

C’est la sensation de l’heure, Fredz (qui vient d’annoncer un concert au Centre Bell le 3 décembre 2027), qui a eu l’honneur d’ouvrir la célébration avec une recréation de sa surprise du printemps dernier : après son concert au MTELUS, Fredz était monté sur la marquise de l’établissement montréalais pour interpréter un dernier morceau avec ses admiratrices et admirateurs massés sur la rue Sainte-Catherine. Il a remis ça au Premier Gala de l’ADISQ mercredi, terminant son tube Extraordinaire devant le public à l’intérieur du MTELUS.

À l’animation, la chanteuse Sarahmée faisait face à une assistance tantôt généreuse, tantôt plus tiède.

Son numéro de bienvenue parlé a survolé les faits importants de la dernière année dans l’industrie de la musique : l’émergence d’Angine de Poitrine (« Si quelqu’un m’avait dit, l’an passé, que le phénomène de l’année serait un duo avec des pyjamas à pois qui parle une langue inventée, j’aurais dit : je ne sais pas ce que tu prends, mais j’en veux! », a blagué l’animatrice), le rayonnement des artistes québécois en France (Charlotte Cardin, Fredz), les vedettes de la chanson qui doivent se trouver des « plans B » professionnels (comme Jérôme Dupras, des Cowboys Fringants, et sa « jobine » de scientifique en chef du Québec, a ironisé Sarahmée), ainsi que les voix québécoises entendues dans la série Heated Rivalry (Rivalité passionnée), comme Alfa Rococo, La Bronze, Dumas et Philippe B, qui ont vu l’écoute de leur catalogue dopée par le phénomène télé de la dernière année, dont Peter Peter signait la musique originale.

En terminant son monologue, Sarahmée, coiffée toute la soirée d’une imposante casquette haut de forme, y est allée d’une réflexion inspirée sur le rapport des jeunes à la musique québécoise. Elle a raconté qu’au spectacle de la Fête nationale sur les plaines d’Abraham, auquel elle participait en juin dernier, des spectateurs de l’âge du secondaire et du cégep se massaient aux premières rangées, brandissant leur fleurdelysé et entonnant des classiques du répertoire québécois, incluant du Claude Dubois.

« Les générations changent, mais la fierté, elle, est toujours là », a affirmé la rappeuse auteure-compositrice-interprète.

Le Premier Gala de l’ADISQ 2026 sera rediffusé le samedi 7 novembre, à 18 h, et le dimanche 8 novembre, à 22 h, à Télé-Québec.

Voyez plus bas quelques photos du Premier Gala de l’ADISQ 2026.