Zac Bulle, la belle bibitte de 8 ans et demi
Publié le 11 septembre 2026 à 10:32
Zac Bulle, personnage qui fait sensation sur les réseaux sociaux, se lance dans l'aventure d'un premier spectacle solo au ton aussi juvénile que grivois!
L’enfant de 8 ans le plus populaire des réseaux sociaux, Zac Bulle, donnait son spectacle tout seul comme un grand au Club Soda, à Montréal, jeudi soir, devant beaucoup d’amis pas beaucoup plus vieux que lui.
Dans son Super Spectacle, Zac Bulle expose les dessins qu’il a fait [sic] à l’école, fait un spectacle de magie, rend plusieurs fois hommage à son idole Gino Chouinard, présente son propre bulletin de nouvelles (le « Zac Bulle News »), enregistre un balado en direct avec un spectateur, reçoit des appels vidéo embarrassants de son papa, double à sa manière une scène de Spider-Man, dit au père Noël qu’il pue costumé en masculiniste (Zac Badass), offre un cours de diction basé sur les syllabes « pit » et « coco » dans un habit de poussin et nous présente sa « magnifique » petite sœur fraîchement sortie de la pouponnière.
À écouter son langage, on déduit que les parents de Zac Bulle ne doivent pas toujours être très fiers de lui et qu’il doit souvent aller en punition dans sa chambre ou se faire priver de mayonnaise, son grand péché mignon.
Mais ses copains qui étaient venus le voir au Club Soda, jeudi, ont eu énormément de plaisir!
Sensation sur les réseaux sociaux
Zac Bulle n’a pas la notoriété grand public de Ricardo, mais demandez à n’importe quel adolescent ou jeune vingtenaire de votre entourage, et les chances sont grandes qu’un sourire naisse sur ses lèvres à l’évocation du nom de l’illustre créateur de contenu humoristique.
Zachary Allard a la mi-vingtaine, en fait, mais ses plus de 310 000 abonnés sur Instagram et 990 000 sur TikTok le connaissent comme Zac Bulle, chérubin de 8 ans et des poussières au t-shirt jaune, capable de débiter les pires grossièretés sur le ton candide du gamin à moitié conscient de ce qu’il dit. Ou beaucoup trop conscient, c’est selon.
Et il n’y a pas qu’au Québec que le « garçonnet » fait mouche : Zac Bulle entrecoupera sa tournée de la province pour mettre le cap sur l’Europe en avril 2027, le temps de quelques représentations en Belgique et en France. Les blagues de pipi, de caca et de prépuces ont apparemment une résonnance internationale.
Pas mal, pour un jeune artiste qui n’avait encore jamais fait de stand up il y a tout juste deux ans.
En bas de la ceinture
Vous aurez compris, Zachary Allard / Zac Bulle joue constamment sur cette mince ligne absurde, passant du ton adulte très vulgaire (« Ben oui, je baise! », prend-il soin de nous aviser en cours de prestation) à celui tout à fait juvénile du garçon naïf et ignorant. Et c’est justement cette dichotomie, que le fantaisiste Zac Bulle maîtrise à la perfection, qui lui attire les rires et l’affection de sa jeune génération d’admirateurs.
Zac Bulle affirme qu’il n’a pas beaucoup d’amis à l’école. On comprend un peu pourquoi!
Cela dit, dans son français international à la voix basse, à la diction modulée à la façon d’un très jeune enfant, avec cet alter ego qui lui permet toutes les excentricités (comment pourrait-on en vouloir à un enfant?), Zac Bulle pige beaucoup et souvent dans le sac à grivoiseries. L’absurdité de son style est plus « facile », pourrait-on dire, que celle des Denis Drolet ou d’un Jean-Thomas Jobin à une autre époque (quoi qu’on lui décèle une parenté certaine avec les Chick’n Swell). Il punche avec le bas de la ceinture ou avec une jolie niaiserie, et voilà, ça s’esclaffe à ses pieds.
Or, Zachary Allard a néanmoins su construire tout un univers, très solide, presque crédible, à partir de ces futiles légèretés. Il faut lui reconnaître ce talent. Même son site Web a l’apparence d’un dessin de bout de chou de garderie.
Non, ça ne vole pas toujours très haut. Ne cherchez pas de propos engagé ou même le moindre quelconque message dans les pitreries de Zac Bulle, il ne semble pas y en avoir. Celui-ci paraît surtout s’éclater à offrir un moment de pur déconnage, de pure loufoquerie.
Et ça fonctionne. Quiconque embarque dans la proposition avec la candeur d’un moussaillon de 8 ans rigolera bien avec Zac Bulle.
À tout le moins, ils sont nombreux à espérer que celui-ci ne vieillisse jamais.
Des chatouilles en première partie
L’absurdité a commencé de bonne heure au Club Soda, jeudi.
En première partie de Mon super spectacle, qui aurait été mieux pour réchauffer l’assistance de Zac Bulle que… « le voisin de Zac »? Fred Gagnon de son vrai nom, pour les plus rigoureux d’entre nous.
Le personnage tout de noir vêtu, à la haute tête de spermatozoïde, a fait étalage de l’expertise de sa nouvelle compagnie : Guili-Guili Corporate International, spécialisée, devinez quoi, dans le chatouillage.
Ladite entreprise aurait déjà à son actif des papouilles sur PSPP (Paul St-Pierre Plamondon), GSP (Georges St-Pierre), un GPS et un dénommé GPSPP, entre autres. « Je chatouille n’importe qui, n’importe quand, même si je fais de la prison de temps en temps », scande-t-il.
Le micro à hauteur du cou, « le voisin de Zac » a profité de son inspirée (?!) tirade pour hurler un véhément « Fuck You les bénévoles! » et s’essouffler au bout de deux couplets de Lose Yourself, d’Eminem.
Zac Bulle présente Mon super spectacle partout au Québec. Pour toutes les dates, visitez son site Web.